« Oui chef ! » A Saint Michel Chef Chef, l’ordre et la discipline règne au camping

Un des nombreux blockhaus trônant au milieu de ce camping pas comme les autres
Au Kaki Kamping de Saint Michel Chef Chef, les vacanciers sont réveillés tous les matins, dès l’aube, au son du clairon. A sept heures du matin, tout le monde doit être sur le pont, rasé de près et motivé pour deux heures d’entrainement intensif autour d’un parcours du combattant réputé pour être l’un des plus difficiles de France. Immersion dans un camping pas comme les autres…

Oui chef ! D’accord chef ! Au Kaki Kamping de Saint Michel Chef Chef, tout le monde se doit d’obéir aux ordres du chef. S’ils refusent, les réfractaires prennent la direction des sanitaires, qu’ils doivent alors nettoyer du sol au plafond. Et gare à celles et ceux qui s’aventureraient à jouer encore plus avec les nerfs du chef, qui aime répéter à qui veut l’entendre qu’ici, « on n’est pas au Club Med ». Effectivement, à y regarder de plus près, rien ne semble plus éloigner du Club Med que ce camp de vacances. Situé en bord de mer, le Kaki Kamping s’est installé sur le site d’une ancienne batterie allemande datant de la seconde Guerre Mondiale. A l’époque, celle-ci était chargée de protéger l’entrée de la base sous-marine de Saint Nazaire, voisine de quelques kilomètres à peine de Saint Michel Chef Chef.

Au milieu des blockhaus, des mobil homes hors d’âge ont aujourd’hui été installés. Il s’agit là des seuls éléments qui permettent aux vacanciers de savoir qu’ils se trouvent bel et bien dans un camping. « Pour le reste, nous indique Branko Boskovic, le propriétaire du camping, 25 ans de Légion Etrangère derrière lui, nous avons souhaité que cela ressemble à une zone de guerre. C’est pour cela qu’on a mis des mis des tas de gravats un peu partout. Un ami carrossier m’a refilé une dizaine de voitures. Nous les avons en partie désossées de façon à faire plus réaliste, puis nous les avons installés à droite à gauche dans le camping. Les enfants aiment bien s’y amuser. Ils ont le droit de taper dessus et nous prêtons même des battes de baseball pour qu’il puisse se défouler. Il suffit simplement de venir les chercher à l’accueil et qu’un adulte signe un papier qui nous décharge de toute responsabilité en cas de problème. Vous savez, on ne sait jamais ce qui peut se passer avec les éclats de verre ! ».

Mais qui voudrait passer ses vacances dans une zone de guerre ? Lorsque nous posons cette question à Branko, alias « le chef », le visage de ce dernier semble s’ouvrir pour la première fois et c’est avec un sourire qu’il nous répond. « Beaucoup de monde vous savez ! Il a des anciens militaires et leur famille, bien entendu. Des bras cassés qui viennent jouer les durs et se rappeler au bon souvenir de la caserne, mais la grande majorité de notre clientèle se compose de civils pour qui recevoir des ordres est une passion. Ils sont prêts à payer pour cela. A leur arrivée, ils nous demandent expressément qu’on les traite de moins que rien, qu’on les humilie et qu’on les forces à faire des trucs qu’ils ne feraient jamais en temps normal. En partant, ils nous remercient et nous disent avoir passé les meilleures vacances de leur vie. »

Un coup d’œil au programme des activités affiché à l’entrée du camping suffit pour se rendre compte de la véracité des propos du chef : après l’entrainement militaire, les vacanciers n’ont droit qu’à une heure de repos. Ils doivent ensuite se regrouper afin que leur soit distribué les outils nécessaires à l’activité qui les occupera le reste de la journée : la destruction minutieuse d’un des blockhaus du site à l’aide de masses et de marteaux. Bien évidemment, le blockhaus étant construit en béton armé, c’est un travail de titan qui attend les vacanciers. « Cela nous permettra de tenir facilement encore 20 ou 30 ans, précise sans ironie Branko Boskovic. D’autant plus que chaque morceau de béton doit être concassé jusqu’à en faire de la poussière… Après cela, nous devrons trouver une nouvelle activité pour occuper les clients. Peut-être qu’on essayera de creuser une mine. Mais pour ça, il faudra demander une autorisation à la mairie ». 

Les enfants, eux, ont quartier libre. « Ils peuvent s’amuser toute la journée, à partir du moment où ils ne viennent pas perturber le travail de leur parent. Si c’est le cas, nous les enfermons pour le reste de la journée dans une salle sans eau et sans lumière d’un des bunkers. Après une journée là-dedans, je peux vous garantir qu’ils se tiennent à carreau le reste du séjour. »

Quand on vous dit que l’ordre et la discipline règne dans ce camping de Saint Michel Chef Chef…

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